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Veille M3 / [Infographie] Du moustique au papillon, vainqueurs et perdants de l’Anthropocène

© Métropole de Lyon - Céline Ollivier-Peyrin

Article

Alors que les activités humaines bouleversent les écosystèmes, le moustique tigre prolifère : urbanisation, réchauffement climatique et mondialisation lui offrent un terrain idéal.

Pourtant, ces mêmes facteurs menacent des milliers d’espèces, incapables de s’adapter aussi vite.

Cette infographie explore ce paradoxe : comment l’Anthropocène favorise certains êtres vivants, tout en précipitant la disparition d’autres, révélant les déséquilibres profonds de notre époque.
Date : 20/01/2026
Arrivé dans l’hexagone au milieu des années 2000, le moustique-tigre est aujourd’hui présent sur quasiment tout le territoire métropolitain.  À l’instar d’autres espèces animales et végétales, cet insecte est doté de caractéristiques parfaitement adaptées aux évolutions du monde moderne.  Il fait partie des probables « vainqueurs » de l’Anthropocène.  Malheureusement pour elles, d’autres espèces n’ont pas cette chance. Face aux mêmes évolutions, leurs populations déclinent.  Le succès du moustique-tigre dessine, en miroir, les risques qui pèsent sur d’autres espèces. LE MOUSTIQUE-TIGRE ET SES SUPERPOUVOIRS  La résistance à la dessiccation permet aux œufs du moustique-tigre de rester vivants même en absence d’eau, ce qui leur permet de survivre durant de longues périodes critiques.  La diapause très efficace du moustique-tigre permet à ses œufs d’hiberner même à l’air libre, là où les autres moustiques ont besoin d’un abri, sous terre ou dans des grottes, pour y parvenir.  L’ADN très long dont bénéficie le moustique-tigre lui donne des capacités d’adaptation beaucoup plus importantes que la plupart des autres moustiques.  Ces caractéristiques lui ont permis de profiter à plein des transformations du monde moderne…
LA MONDIALISATION DES ÉCHANGES  Originaire d’Asie, le moustique-tigre est resté cantonné dans cette région pendant des millénaires.  Mais en pondant ses œufs dans des objets liés au commerce mondial…  …il a parcouru des milliers de kilomètres à travers le globe, jusqu’en Europe, où il est arrivé dans les années 1990.  Au contraire, d’autres espèces subissent les effets de la mondialisation. C’est particulièrement le cas de celles qui sont concurrencées ou menacées par une espèce invasive. Par exemple : • L’abeille commune, en Europe, est menacée par l’arrivée d’un prédateur : le frelon asiatique. • L’écureuil roux, en Grande-Bretagne, a quasiment disparu après l’arrivée d’un concurrent : l’écureuil gris d’Amérique. L’omniprésence du réseau routier  Casanier, le moustique-tigre ne s’éloigne guère au-delà de 200 mètres de son lieu de naissance.  Mais une fois débarqué en Europe, il a profité de l’omniprésence du réseau routier pour circuler à bord des véhicules… sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres.    Au contraire, l’omniprésence de la voiture et de ses infrastructures est un élément perturbant pour de nombreuses espèces. Par exemple : Les amphibiens migrateurs (crapauds, grenouilles) sont particulièrement vulnérables à la présence d’une route sur le parcours de migration entre leur lieu de vie et leur lieu de ponte.  Le réseau routier français fragmente les écosystèmes et divise par 2,5 environ la taille moyenne des zones d’intérêt écologique.   Originaire des forêts d’Asie du Sud-est, le moustique-tigre apprécie la chaleur et l’humidité. En Europe, le changement climatique accroît le territoire favorable à son développement vers le nord du continent.
LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE  Au contraire, de nombreuses espèces sont menacées par le réchauffement climatique. Par exemple : • L’ours polaire est devenu, bien malgré lui, le symbole des espèces menacées par le réchauffement climatique. • Le lézard d’Aurelio, qui vit au-delà de 2000 mètres dans les Pyrénées, voit son aire de répartition rétrécir à grande vitesse. L’URBANISATION ET L’ARTIFICIALISATION  Insecte forestier, le moustique-tigre s’adapte parfaitement au milieu urbain. Là où il est déjà installé, sa période d’activité va s’allonger jusqu’à plusieurs semaines, voire un mois d’ici à 2050.  La ville est un havre pour lui : la température varie moins qu’à la campagne, il y rencontre moins de prédateurs et davantage de proies à piquer.  La multiplication des artefacts est une aubaine, car elle lui offre de nouveaux gîtes potentiels pour ses œufs.  Au contraire, l’artificialisation nuit à de nombreuses espèces. Par exemple :  • Les papillons de nuit sont victimes des lumières artificielles, qui les attirent et se transforment souvent en pièges mortels. • Les papillons diurnes sont victimes de l’urbanisation, de l’intensification de l’agriculture et de l’usage des pesticides.