Le 4 février 2025, la Commission consultative des Services publics locaux (CSPL) de la Métropole de Lyon organisait son 13e Info-Débat.
Afin d’avoir une vision plus complète et plus large des actions portées par la Métropole, ces temps d’échanges visent à soulever des questionnements, des points de débat et à laisser émerger des réflexions dans un cadre d’écoute bienveillante.
Habitant-es, élu-es, professionnels des secteurs public et privé étaient ainsi réunis pour réfléchir ensemble autour de cette question : « Construire, faire durer et rénover les bâtiments : quels enjeux pour les matériaux ? »
Afin d’aider chacune et chacun à se repérer parmi les enjeux de cette problématique, nous avons fourni aux participant-es ce petit lexique non exhaustif de l’écoconstruction, que nous partageons avec vous ici.
La Direction de la Prospective et du Dialogue Public (DPDP) et le Service Participation et Implication Citoyennes (SPIC) de la Métropole de Lyon souhaitent favoriser l’appropriation par les habitants des enjeux des politiques publiques. Cette volonté se traduit par l’organisation de temps de dialogue entre les usagers, l’exécutif et les services métropolitains.
Ensemble, il s’agit de partager réflexions et expertises autour de la thématique choisie, puis d’en débattre dans l’écoute et la bienveillance. À l’issue de la rencontre, les contenus de ces échanges sont capitalisés et diffusés auprès des participants, ainsi que via les médias métropolitains : grandlyon.com ; millenaire3.com ou jeparticipe.grandlyon.com
À toutes fins utiles, vous trouverez dans ce carnet quelques éléments d’introduction à ce sujet.
Lexique : les 15 mots-clés de l’écoconstruction
Anthropocène
Concept scientifique émergeant, l’Anthropocène est issu des sciences de l’atmosphère et de la terre, et a ensuite été repris par les différentes disciplines académiques jusqu’aux sciences humaines. Cette notion désigne l’entrée dans une nouvelle période géologique qui voit les activités humaines produire un impact significatif et global sur le système-Terre. Celui-ci désigne l’ensemble des interactions entrel’atmosphère (enveloppe gazeuse), l’hydrosphère (là où l’eau est présente), la lithosphère (enveloppe rigide de la surface de la Terre) et de la biosphère (l’ensemble du vivant).
Circularité/Cycle de vie
L’économie circulaire (voir définition ci-après) vise à réduire aussi bien les prélèvements de ressources que les rejets (déchets, gaz à effet de serre, etc.) dans l’environnement, en se basant sur le principe de « bouclage » des flux de matières et de produits en fin de vie vers l’amont du processus économique. Dans ce modèle, le cycle de vie d’un produit va de l’extraction de matières premières jusqu’à la réutilisation des matériaux pour de nouvelles fabrications (voir * écoconception).
Décarbonation
Cette notion renvoie à l’ensemble des processus visant à réduire la consommation de combustibles fossiles et globalement d’énergies émettrices de gaz à effet de serre. Cette démarche s’appuie sur notamment sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et le recours aux énergies peu émettrices de dioxyde de carbone, par exemple via l’électricité produite à partir de sources renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie, etc.).
Document technique unifié (DTU)
Le document technique unifié (DTU) se compose du cahier des clauses techniques (CCT/Critères retenus pour le choix et la mise en œuvre des matériaux), du cahier des clauses spéciales (CCS/Définition des prestations et obligations envers les autres corps de métier), ainsi que des règles de calcul pour le dimensionnement des ouvrages. Les clauses de ces documents sont imposées contractuellement.
Écoconception/Écoconstruction
Selon la définition de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), l’écoconception désigne « une démarche préventive et innovante qui permet de réduire les impacts négatifs du produit, service ou bâtiment sur l’environnement, sur l’ensemble de son cycle de vie, tout en conservant ses qualités d’usage. »
L’écoconstruction consiste donc à bâtir ou rénover un bâtiment en réduisant au maximum son impact environnemental, depuis sa conception (à partir de matériaux bas-carbone par exemple) jusqu’à son usage (efficacité énergétique, réduction des déchets, réemploi des matériaux après destruction). On peut également parler de « construction durable ».
Économie circulaire
En France, le concept d’économie circulaire a trouvé une définition officielle dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015. Celle-ci reconnaît la transition vers une économie circulaire comme un objectif national, et comme l’un des piliers du développement durable. Cette loi a donné la définition suivante (code de l’environnement, article L. 110-1-1) :
La transition vers une économie circulaire vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, par ordre de priorité, à la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits, et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets.
Empreinte carbone
L’empreinte carbone offre une mesure plus complète de l’impact carbone d’un territoire en additionnant les émissions produites localement et celles générées par la fabrication des produits importés et consommés sur le territoire, tout en soustrayant les émissions liées aux produits exportés.
Cette approche permet de refléter l’impact réel des activités économiques et des modes de vie d’un territoire sur le changement climatique, offrant ainsi une image plus précise et globale que le bilan carbone. L’empreinte carbone d’un Français est de 9,2 t équivalent CO₂, en 2022. Plus de la moitié correspond à des gaz à effet de serre (GES) émis à l’étranger pour produire des biens et des services consommés en France.
Un matériau est une matière sélectionnée pour ses propriétés physiques dans la fabrication d’un objet, quel qu’il soit. À ce niveau, on peut retenir cinq catégories : métaux, plastiques, céramiques, organiques et composites.
Dans le contexte de redirection écologique (voir plus bas), on pourra également les classer en fonction de leur impact environnemental. Considérés comme bas-carbone, les matériaux biosourcés (matière organique renouvelable), géosourcés (terre crue), circulaires (issus du recyclage) sont à la base de l’écoconstruction, leur production et leur utilisation générant peu d’émissions de dioxyde de carbone (CO₂).
Les quatre grandes classes de matériaux.
Maîtrise d’œuvre (MOE)/Maîtrise d’ouvrage (MOA)
Responsabilité assumée par les commanditaires d’un projet, la maîtrise d’ouvrage (MOA) définit le cahier des charges encadrant sa réalisation. La maîtrise d’œuvre (MOE) concrétise les directives ainsi établies en menant la construction. Éventuellement, on parlera d’assistance à la maîtrise d’ouvrage (AMOA) pour les professionnels chargés d’accompagner la MOA dans la formulation technique des attentes transmises à la MOE.
Métabolisme
Un nombre croissant de travaux scientifiques considère comme pertinent d’appréhender la question écologique sous l’angle du « métabolisme » de l’économie. Apparue au 19e siècle, la notion de métabolisme désigne l’ensemble des réactions chimiques internes aux êtres vivants qui leur permet de se maintenir en vie, se reproduire, croître, communiquer, etc.
Le concept de « métabolisme socio-économique » désigne quant à lui la manière avec laquelle les sociétés humaines prélèvent des ressources dans la nature, les transforment et les distribuent pour constituer, entretenir et exploiter leurs structures biophysiques. Il recouvre également les rejets de déchets et d’émissions dans l’environnement qu’entraînent ces processus.
Ce concept ne se résume pas à la métaphore biologique : son apport est de montrer que l’ampleur et la nature des flux de matières et d’énergie mis en œuvre par les sociétés humaines déterminent les pressions qu’elles exercent sur la nature. Ainsi, la soutenabilité de ces flux dépend des capacités de la biosphère à les approvisionner en ressources et à en absorber les rejets (voir Anthropocène).
La neutralité carbone désigne un état d’équilibre entre les quantités de gaz à effet de serre émises dans l’atmosphère et les quantités séquestrées.
Pour atteindre la neutralité carbone, un pays, une entreprise ou un individu doit réduire ses émissions de CO₂ et d’autres gaz à effet de serre au maximum, puis compenser le reste des émissions par des moyens tels que la reforestation, l’utilisation de puits de carbone naturels ou technologiques.
Redirection écologique
Portée notamment par le philosophe Alexandre Monnin, contributeur régulier du site Millénaire 3 (voir p. XX), l’expression « redirection écologique » vise à préciser certains enjeux que la « transition écologique » peut au pire éluder, au mieux maintenir dans une relative imprécision.
Ainsi, évoquer la redirection vise à considérer les limites imposées par l’Anthropocène (limites climatiques, géologiques, planétaires, territoriales, etc.) comme le cadre incontournable des transformations en cours.
Dans cette perspective, il est donc moins question d’optimiser les logiques actuelles que de procéder à de nouveaux arbitrages stratégiques, qui entraîneront la réorientation globale de nos modes de production et de nos modes de vie (infrastructures, technologies, métiers, loisirs, etc.).
Sobriété
À court ou moyen terme, allier l’utile au soutenable s’annonce comme le défi majeur lancé à notre société. Ainsi, la sobriété, en tant que comportement conscient de la « fin de l’abondance », doit nous permettre de réduire notre impact sur le système-Terre (voir Anthropocène).
Mais peut-on imaginer une sobriété qui assure « le bien-être de toutes et tous », comme l’énonçait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 2022 ? Heureuse ou contrainte, la sobriété, en tant qu’impératif, conduit à s’interroger sur nos besoins réels et notre rapport à la modernité, spontanément associée à la surconsommation et à l’idée d’une croissance illimitée.
Stratégie nationale bas-carbone (SNBC)
Composante de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) votée en 2015, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) constitue la feuille de route française en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Elle fixe les orientations devant mener à une économie bas-carbone, circulaire et durable.
Le secteur du bâtiment est la deuxième source nationale de gaz à effet de serre (GES), après le transport. Dans le cadre de la SNBC, le parc immobilier français devra ainsi s’être débarrassé de ses passoires énergétiques à horizon 2025, pour offrir à ses habitants des performances à la hauteur de nouveaux impératifs de sobriété.
Zéro artificialisation nette (ZAN)
Le principe de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) apparaît en 2011 dans la Feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation des ressources de la Commission européenne. Cette dernière fixe un objectif à l’horizon 2050 de No net land take, d’abord traduit par cet impératif : « supprimer toute augmentation nette de la surface de terres occupée ».
En 2018, à l’occasion de l’élaboration du plan biodiversité, la notion est reprise dans les textes français.
Constatant que l’urbanisation est une menace pour la biodiversité, le plan propose de « limiter la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette ». Cette première mention du ZAN se réfère à la séquence « éviter — réduire — compenser » (ERC), censée guider les principes d’aménagement en matière de protection de la biodiversité.
Notre quotidien, notre économie, nos services publics dépendent de matériaux et des chocs sont à prévoir. Quels sont les risques à anticiper ? Un sujet à saisir pour les collectivités.
Un aperçu des tendances réglementaires, économiques et d’usage qui ont une influence sur la consommation à la hausse et à la baisse de matériaux, avec trois focus : se loger, se déplacer, se meubler.
Une exploration des innovations en cours de procédés techniques, illustrée par quatre exemples : la lithographie des circuits intégrés, la fabrication de panneaux photovoltaïques, la récolte de la laine, et le remanufacturing.
Un panorama de huit filières bouleversées par les évolutions de matériaux : construction-bois, textile, papier-carton, métallurgie, chimie, automobile, énergies renouvelables et électronique.
Un panorama de la consommation de dix matériaux : bois, fibres textiles, caoutchouc, ciment, plâtre, terre cuite, verre, composites, plastique et métaux.
La notion de métabolisme de l’économie rend visible les milliards de tonnes de matières extraites et de substances rejetés chaque année dans l’environnement pour satisfaire nos besoins de consommation… et d’identifier les leviers d’action pour s’inscrire dans les limites planétaires.