Le bilan est globalement positif au regard des objectifs de départ. On peut évoquer plus spécifiquement plusieurs points. Concernant la dimension co-construction, comme nous avons pu le constater, l’une des clés de réussite de ce type de démarche est d’arriver à créer un collectif de travail. Il s’agit d’une part de motiver les personnes pour s’impliquer sur plusieurs journées de travail au cours d’une d’année, et d’autre part d’installer un climat de confiance et d’engagement permettant que chacun accepte de dépasser le point de vue spécifique de son organisation pour se mettre au service de la réflexion collective du groupe de travail et élaborer un compromis en vue du livrable final.
Ensuite, une autre étape essentielle et qui est moins évidente qu’il n’y parait est de définir collectivement le périmètre de la filière retenu pour la suite de l’analyse. En fonction des représentations de chacun, le groupe peut être amené à faire des choix sur le périmètre à retenir, par exemple à reconnaître l’existence de certaines activités proches de la filière tout en considérant que leur intégration dans le champ de l’étude nuirait à la lisibilité d’ensemble de la démarche.
Une troisième étape importante concerne le travail d’identification, de sélection et de définition des métiers stratégiques à moyen terme, c’est-à-dire ceux sur lesquels les entreprises doivent porter une attention particulière car ils constituent des vecteurs importants de la dynamique de la filière. L’identification des métiers « cœur de filière » permet ainsi de focaliser la réflexion sur les compétences obsolètes, les recompositions possibles des profils de compétences nécessaires dans l’exercice de métiers existants, les compétences associées aux métiers émergents. L’exemple de la VPPEC Numérique est intéressant à cet égard. La construction d’une typologie de métiers « cœur du numérique » était perçue au départ comme un exercice un peu formel. Mais elle s’est transformée progressivement en un moyen de « faire filière » en donnant une représentation à la fois simple et organisée de la filière, notamment pour les représentants des deux branches représentées dans le groupe de travail (télécommunications, services numérique/conseil en technologie/éditeurs de logiciels/entreprises du Web). Le consensus qui s’est dégagé autour des 9 familles de métiers est apparu "in fine" comme l’illustration principale de la « vision partagée ».