LA CONFÉRENCE
L'individu a été longtemps encadré par des systèmes de valeurs qui donnaient du sens à sa vie. Il était inséré dans des groupes organisés : la famille, l’usine, le syndicat, le parti… Il était établi dans des lieux : le quartier, la commune, le village… Cela produisait un individu relativement sécurisé, disposant d’une place (pas toujours choisie) dans la société. Ce système s'est désagrégé. L'individu y a gagné de la liberté et de l'autonomie ; il accepte de moins en moins d’être pris dans la pesanteur de relations obligées, gouvernées par la hiérarchie ou l’autorité. Les relations doivent obéir aujourd'hui au principe de la satisfaction et du libre choix. Les liens sont nombreux mais ténus, souvent sans contact direct. Dès lors, les individus ont perdu le sentiment de l’interdépendance, même s'ils ne sont de fait pas moins dépendants les uns des autres. Or, l'expérience de l’interdépendance a conduit à abandonner la violence, à se ménager, à privilégier l'échange. Elle est un préalable au développement de la solidarité avec « celui qui ne fait pas partie des siens ».