On peut distinguer trois grandes familles de solutions, même si la réalité est bien sûr un peu plus complexe. D’abord, les solutions grises concernent la forme bâtie, les infrastructures, les choix en matière de matériaux de construction et de revêtements, d’isolation thermique, ou encore de systèmes de climatisation. Ces derniers systèmes présentent d’ailleurs un double effet paradoxal, car la climatisation rafraîchit l’intérieur des bâtiments, mais rejette de la chaleur vers l’extérieur et a d’autres impacts environnementaux, liés aux fluides à fort pouvoir de réchauffement, entre autres.
Ensuite, les solutions vertes qui relèvent notamment de la végétalisation à différentes échelles, de l’intégration de plans d’eau, ou encore de la gestion de la perméabilité des sols. Souvent valorisées, elles présentent généralement des bénéfices pour la biodiversité, la gestion des eaux pluviales et le bien-être des habitants, même si elles présentent des enjeux de conception et d’entretien spécifiques.
Enfin, les solutions douces sont liées aux comportements et aux dispositifs sociaux. Je pense par exemple à l’adaptation des horaires de travail ou des déplacements lors des épisodes caniculaires, au renforcement de l’entraide entre voisins pour aider les personnes vulnérables, à la mise en place de dispositifs d’alerte, ou à la maîtrise de la demande de climatisation.
Beaucoup de solutions existent donc, mais il n’existe pas une solution miracle universelle. Une mesure adaptée pour un quartier d’habitat collectif des années 1970 ne le sera pas forcément pour un centre-ville ancien dense. Le contexte est très important. En fait, la sélection et le succès d’une solution résultent de la morphologie urbaine, des caractéristiques des bâtiments, des usages, du tissu social, ou encore des ressources disponibles… Ils ne dépendent pas juste de critères thermiques !
D’ailleurs, mon rôle n’est pas de préconiser des solutions, mais de comprendre comment les systèmes microclimats-aménagements urbains-bâtiments-habitants peuvent fonctionner selon les contextes physiques et sociaux. L’application visée ? Aider à la décision en fournissant des connaissances intégrées et accessibles sur ces sujets ainsi que des méthodes d’évaluation et des résultats d’études, y compris auprès des habitants, pour soutenir les concepteurs et décideurs dans leurs processus de choix parmi différentes options. C’est une posture un peu différente, mais qui permet d’être utile à long terme.