Sans vouloir dresser un panorama exhaustif, on peut évoquer quelques projets de captage à différents stades de développement. Par exemple, le projet K6, qui vise à faire de la cimenterie d’EQIOM à Lumbres, dans les Hauts-de-France, l’une des premières cimenteries neutres en carbone d’Europe.
La phase 1 du projet consiste à améliorer l’efficacité énergétique par l’installation d’un nouveau four et la seconde phase porte sur le captage du CO₂ émis par la cuisson du calcaire, en vue de sa réutilisation ou de sa séquestration. Ces deux phases sont complémentaires. La technologie (cryogénie), fournie par Air Liquide, a été choisie pour faciliter le captage de CO₂.
Toujours dans les Hauts de France, le projet CalCC vise à capter le CO₂ émis par l’usine de Réty, premier site de production de chaux en France. Le procédé de captage est le même que pour le projet K6. Autour de Dunkerque, le projet D’Artagnan, comprend deux composantes : un réseau de canalisations pour transporter le CO₂ capté par les usines de Lumbres et de Réty vers Dunkerque, et un terminal CO₂ sur le port de Dunkerque pour réceptionner et préparer le CO₂ en vue de son expédition vers des sites de séquestration.
Le projet D’Artagnan représente un investissement global de 220 millions d’euros. À Dunkerque également, le consortium C4Capture, réunissant Fives, Aluminium Dunkerque, Trimet et Rio Tinto s’attaque quant à lui à la décarbonation de la production d’aluminium, avec le lancement de premiers essais de captation du CO₂ en conditions réelles, afin de développer une solution à même de diviser par deux les émissions directes d’ici 2030.
Ces projets situés dans les Hauts-de-France ont l’avantage de n’être pas loin de la mer du Nord, où il y a un certain nombre de sites de stockage, en opération ou en développement, qui offrent un exutoire pour le CO₂ capté en France. Je pense évidemment à Northern Light en Norvège, mais il y en a aussi aux Pays-Bas et en Angleterre.
Dans l’Ouest de la France, on retrouve la même approche avec le projet GOCO2 qui réunit la cimenterie Lafarge de Saint-Pierre-la-Cour, la cimenterie Heidelberg à Airvault et l’usine de chaux Lhoist à Neau. Il s’agit là aussi de capter les émissions de carbone, de construire un réseau de transport vers le port de Montoir-de-Bretagne où sera installée une unité de traitement, liquéfaction et chargement du CO₂.
Concernant la valorisation du CO₂, le projet Take Kair dans les Pays de la Loire prépare la construction et d’exploitation à l’horizon 2030 d’une usine de production principalement de e-carburants à destination de l’aviation. Elle sera construite à Donges, sur le domaine portuaire de Nantes Saint-Nazaire.
SMART IMPACT - Vers une structuration de la captation et stockage du carbone - B SMART