Le projet LIFT est structuré exactement comme un vrai procédé industriel, avec des opérations unitaires successives.
La première consiste à produire à grande échelle les « entrants », c’est-à-dire les cellules et les biomatériaux. Ensuite, sur la fabrication des tissus eux-mêmes, nous avons choisi de décomposer la production des tissus de grande taille en structures fonctionnelles et structures support.
Pour un organe complexe comme le poumon ou le foie, nous allons produire chaque partie séparément, de façon standardisée dans des bioréacteurs, comme cela se ferait dans une industrie pharmaceutique classique.
Un troisième bloc de fabrication permettra de rassembler ces éléments grâce à des technologies de biofabrication spécifiques que nous allons développer dans le cadre de LIFT. Cette logique de découpage rend la fabrication plus maîtrisable, sans se heurter à des limites de reproductibilité, de taille et d’architecture biologique.
La dernière opération consiste à qualifier les tissus à chaque étape, de façon non destructive et en temps réel. C’est de l’analytique, calqué sur les concepts de PAT (Process Analytical Technology) mis en place à partir des années 2000 dans l’industrie pharmaceutique.
Ma formation initiale d’ingénieure en bioprocédé m’aide dans ce contexte. J’ai d’ailleurs commencé ma carrière en faisant de la bioproduction de vaccins à grande échelle. Aujourd’hui dans ma recherche, j’applique donc cette culture industrielle à la biofabrication de tissus vivants.
Ce qui rend notre travail dans le cadre de LIFT aussi prometteur, c’est que nous collaborons avec Sartorius depuis cinq ans déjà. Cinq années qui nous ont permis de concevoir des technologies brevetées, inédites. Une première concerne la production de matière première, en couplant une technique de biofabrication et un autre de bioproduction pour faire des microbilles intégrées dans du matériau cellulaire pour améliorer sa performance.
Une autre permet d’imprimer un tissu directement dans un bioréacteur dédié, que nous avons développé afin de pouvoir produire les tissus dans des conditions parfaitement stériles et confinées. Notre objectif est maintenant d’approfondir la maturité de ces technologies, puis de les proposer à la communauté scientifique.