[Vidéos] Défilé de la Biennale de danse de Lyon : en mémoires, en coulisses, en perspectives… et en images !

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Interview de Marie-Emmanuelle DUBOIS
<< Comment élargir les publics, comment les mêler, comment faciliter l’accès des publics à la création contemporaine ? >>.
Au Nouveau Théâtre du 8è (NTH8), le jour des « premières » et plus largement tous les jeudis, les représentations sont gratuites.
Pour Marie-Emmanuelle Dubois, chargée de communication au NTH8 la gratuité est intéressante car elle donne l'accès à la création contemporaine à un public de proximité mais cela pose la question du prix des places de manière plus radicale que le paiement d'une entrée à un prix symbolique.
Comment fonctionne le Nouveau théâtre du 8e ?
La Ville de Lyon a signé avec la Compagnie des Trois-huit une convention de mise à disposition du théâtre pour 3 ans. Par ailleurs, les Trois-huit sont subventionnés par la Ville, la Région Rhône-Alpes et la Drac et nous avons signé avec ces partenaires une convention d'objectifs pour le travail de la compagnie au Nouveau théâtre du 8e. Le Nouveau théâtre du 8e (NTH8) est dirigé par le collectif des Trois-huit. Ses 8 membres réfléchissent, débattent et décident ensemble. Les missions du Nouveau théâtre du 8e ne concernent pas prioritairement la diffusion de spectacles mais leur fabrication : des équipes artistiques sont invitées à travailler, à montrer leurs productions, dans leurs différentes formes ou étapes. Aujourd'hui, 3 Compagnies sont associées au NTH8 : Fenil Hirsute (dirigé par Yves Charreton), Les Transformateurs (dirigé par Nicolas Ramond), L'Olympique Pandemonium (coopérative de 6 acteurs). Digdingdong, une équipe de graphistes et designers, est elle aussi associée au NTH8.
Le quartier du 8e a-t-il une influence sur la manière dont vous envisagez la gestion de ce lieu ?
Dans cet arrondissement, qui a bénéficié d'un théâtre réputé, devenu après le départ d’Alain Françon la Maison de la Danse, nous voulons aussi accueillir le public de proximité. Nous nous interrogeons sur la notion d'établissement public : Comment élargir les publics, comment les mêler, comment faciliter l’accès des publics à la création contemporaine ? L'une des propositions que nous faisons dans ce sens concerne la pratique théâtrale gratuite : nous avons mis en place deux ateliers de pratique théâtrale hebdomadaires et le samedi (une fois par mois environ) les metteurs en scène en création au théâtre dirigent des journées de stages tous publics sur leur travail en cours. Toutes sortes de gens viennent dans ces ateliers, chacun pour des raisons différentes et chacun d'horizons très variés... Nous avons décidé de consacrer une partie de nos subventions à cette expérience de gratuité pour ces ateliers de pratique artistique. Ça n'est pas dans nos missions premières, c'est un choix, un essai que nous avons fait.
Pourquoi intervenir sur cette question de la gratuité ?
Lors des créations, pour les « premières » représentations, le public est majoritairement un public invité (professionnels...) au théâtre. Nous avons souhaité étendre cette invitation à tous. Donc, systématiquement, le jour des « premières » (qui sont chez nous le jeudi) et plus largement tous les jeudis, les représentations sont gratuites, sans conditions au NTH8. La gratuité nous paraît intéressante, elle pose la question du prix des places de manière plus radicale que le paiement d'une entrée à un prix symbolique (de toutes façons, le prix des places est toujours déconnecté du coût réel de la représentation). Notre mission n'est pas d'entrer dans les schémas classiques de programmation, nous n'avons pas d'abonnements, nous ne soumettons pas le fonctionnement du théâtre à la rentabilité de la billetterie, et nous ne conditionnons pas nos choix artistiques à cette rentabilité. Nous avons ainsi une plus grande liberté pour penser au développement de l'accès à la création contemporaine pour tous. Et puis, il faut bien dire que, pour beaucoup de gens, qu'ils soient du quartier ou pas, une entrée à 10 €, c'est souvent bien plus que symbolique. Dans la pratique, nous constatons que, dans les séries de représentations, le jeudi est le jour où les réservations se font le plus rapidement.
Que voulez-vous dire par une entrée symbolique ?
Nous refusons l'idée (peut-être à tort, cela a beaucoup fait débat entre nous) que parce que l'on paye, on apprécie plus ou que l'on marque un engagement : aller au théâtre n'est pas comme d'aller chez le psy ! Parce que de toute façon, cela coûte de venir : il faut prendre le risque de rencontrer l'inconnu, une œuvre, qui peut déranger, bousculer dans ses certitudes, émouvoir, et plus prosaïquement, il faut aussi faire garder ses enfants, payer le transport etc. Le jeudi, jour de l'entrée gratuite, nous avons des étudiants, qui sont toujours fauchés, des gens qui viennent aussi par hasard, parce qu'ils sont libres le jeudi. Pour nous, cette action n'est pas un axe de communication : elle est proposée à toute personne qui vient le jeudi, sans marginaliser personne.

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